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DANS LES FILETS
DE MONSIEUR JACKY

e monde des pêcheurs est assez difficle à cerner. Il y a le pêcheur du dimanche, l’amateur éclairé, le semi-pro qui braconne et profite d’une réglementation floue, et le vrai "pro". Assurément, Jacques Bernard de Verjux (canton de Verdun), appartient à cette dernière catégorie. Il compte parmi les sept ou huit Saone-et-loiriens de sa trempe qui, chaque matin, montent au filet à pied d’oeuvre, pour fournir les restaurants qui n’ont pas encore perdu de vue ce que signifie "poisson frais".

En famille, l’été, on secoue les filets
pour la friture avant tout.
Pour cet ancien plâtrier peintre, définitivement passé à sa passion en 87 parce que "la loi pêche m’obligeait à faire un choix", le métier navigue aussi en eaux troubles par la faute des braconniers et des voleurs. Ce matin encore, il s’est aperçu de la disparition d’un filet... 1500 francs envolés, comme cela arrive malheureusement trop souvent, sur un secteur qui se limite pourtant à 10 km le long de la Saône entre le Pont de Chauvort et Bey, et deux lots sur le Doubs, à Navilly et à Saunières.
Bref, les aléas de la profession n’en atténuent pas pour autant les plaisirs. L’homme de la pôchouse, l’authentique avec des poissons des deux rivières qui bougent toujours à l’arrivée dans les cuisines, c’est lui. A l’heure où les cols blancs sont encore en train de se raser, il a déjà ramené le fruit de sa pêche, et commence à rassembler tout son "butin", avant de faire la tournée des restaurants. Ici, pas de chômage, tout ce qui est pris dans l’eau sera pris par les cuisiniers...

Jacques Bernard,
un platrier-peintre reconverti
à la pêche, malgré tous
les aléas du métier.
"Le sandre a tendance à remplacer de plus en plus le brochet qui allait auparavant frayer dans les prairies" commente cependant Maître Jacques, pour évoquer la rareté du poisson carnivore, et les modifications apportées dans la composition de la pôchouse. Les dragages, nombreux en région verdunoise ont leur responsabilité en ce domaine.
"On essaie de recréer des frayères à brochets" ajoute-t-il, non sans avoir évoqué aussi, le développement spectaculaire d’un autre phénomène, le silure, qu’il ramène régulièrement dans ses filets. Pour Jacques Bernard, l’été est plus habituellement consacrée à la petite friture qui fait un tabac sur les tables de la région. L’hiver, du 15 octobre à la fin février, c’est l’époque de la pêche aux "gros", qui seront parfois "stockés" avant d’être acheminés vers leur destination finale. Ainsi va le cycle de la vie.


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